Les animaux sont de si précieuses, « fragiles », petites choses. Même en passant du temps avec eux, à les observer, à les aimer ou à les craindre, on ne perce pas leur mystère. Voici un article en hommage aux animaux et aux amoureux des « bêtes », si pleines de ressources…

Le film du samedi soir, à la maison ; un chocolat chaud à la main, et le chat posé sur les genoux. Ma vieille Soutie, le chat de ma grand-mère, qui griffait à tout-va dans sa jeunesse, mais a fini par capituler, par céder à la chaleur humaine et à nos caresses sous ses meeeoow sibyllins. 🙂 Tu n’es plus là maintenant : tout comme nos petits cochons-dindes enterrés dans des boîtes à chaussures dans le jardin. Sous le framboisier.

Enfant, vous observiez vous aussi peut-être les hordes de fourmis escalader la fourmilière, suivant un chemin précis au centimètre près. Ou bien, vous essayiez de faire sortir un escargot de sa coquille. D’attraper un poisson dans une eau peu profonde. Où est passée notre curiosité de gamin ?

Quand l’enfant devient adulte, il préfère se moquer de celui qui aime les animaux, alors qu’il était, il y a quelques années encore, celui qui donnait du pain aux canards ou pleurait la mort du lapin familial.

Heureusement, il existera toujours des êtres sensés (et souvent sensibles), capables de s’émerveiller devant la nature et prêts à la défendre…

Ils rendent hommage aux animaux


Certains humains dédient leur vie ou une partie de leur vie, à rendre hommage aux animaux, que ce soit via un film, un livre, ou bien un métier entièrement dédié à la Protection animale.

 

Jean-Pierre et Reha Hutin, fondateurs de 30 millions d’amis

Jean-Pierre Hutin était un auteur, journaliste, chroniqueur et producteur d’émissions, mais surtout le fondateur de « 30 millions d’amis ». Si les relations entre les hommes sont complexes, celles entre l’homme et l’animal ne le sont pas : il n’existe pour lui pas de pudeur, pas de limite à l’expression de son amour pour l’animal.

Lors de sa disparation, c’est sa femme Reha Hutin qui reprend la présidence de la fondation. L’émission n’est plus diffusée, mais la fondation et le site Internet sont toujours bien sûr accessibles : vous trouverez d’ailleurs de nombreux conseils pour bien vous occuper de vos petites « bêtes » !

'Le véritable amour pour un animal suppose le respect de sa différence. Les hommes n'ont pas un droit de vie et de mort sur les animaux, mais le devoir de protéger le capital aussi bien animal que végétal de leur planète...' |… Click To Tweet

J’ai commandé son livre Mabrouk, Chien d’une vie, je vous en dirai des nouvelles… 😊

 

Jean-Jacques Annaud, réalisateur

'Il y a trois grands groupes de conflits sur lesquels reposent la plupart des films : l'homme contre l'homme, l'homme contre lui-même, l'homme contre la nature.' | Jean-Jacques Annaud Click To Tweet

Réalisateur français des superbes films La Guerre du feu (1981), L’Ours (1998), il saisit à merveille la puissance et la vivacité des animaux, notamment dans Le dernier loup (2015). Le héros, Chen Zhen, un jeune chinois envoyé en Mongolie pour enseigner en pleine Révolution Culturelle, développe une relation avec un jeune louveteau. Menacé par le gouvernement qui décide d’éliminer tous les loups de la région, il tente alors de le sauver.

En dehors des paysages dans les steppes de Mongolie à couper le souffle, les plans serrés sur les animaux sont magnifiques, et réalisés pour la majorité sans effet de synthèse. Annaud filme avec beaucoup de douceur les moments de tendresse et d’éveil des petits, comme l’ourson ou le louveteau, et repose tacitement la question essentielle de la possession de la terre.

 

Jacques Perrin, réalisateur

'Ce bien-être que nous cherchons, il nous est donné par la beauté du monde. L’observer, la contempler, c’est un principe de régénération comme l’oxygène.' | Jacques Perrin Click To Tweet

J’ai été marquée par Himalaya, l’enfance d’un chef déjà plus jeune, et par Océan (film réalisé aux côtés de Jacques Cluzaud, décidemment beaucoup de Jacques ! :)).

Jacques Perrin, fervent défenseur de la nature et de l’animal, filme avec des moyens inédits l’océan comme les cieux. Les images sont parfois bien difficiles à supporter, comme la pêche en mer et l’extraction des ailerons de requins.

Au travers de ces documentaires d’une grande beauté visuelle, J. Perrin s’interroge sur l’empreinte de l’homme sur la faune et la flore, et invite à rapidement se questionner sur notre responsabilité.

 

Aymeric Caron, journaliste

Aymeric Caron est connu pour son caractère bien trempé et ses critiques parfois acerbes. J’ai donc eu quelques appréhensions avant de lire son livre « No Steak » lorsqu’une collègue me l’a prêté.
Mais surprise : j’ai découvert un livre précis, souvent drôle, parfois très triste, et sans jugement. C’est appréciable de voir un journaliste qui écrit de façon factuelle et très documentée sur le végétarisme, ainsi que sur la relation entre l’animal que nous sommes et l’animal non humain.

'Pour pouvoir tuer son ennemi, il faut surtout ne rien savoir sur lui. Ce n’est pas un hasard si les comportements des animaux d’élevage sont très peu étudiés.' | Aymeric Caron Click To Tweet

Aymeric Caron est un anti-spéciste convaincu, et a également écrit « Antispéciste » aux éditions Don Quichotte (2016).

En outre, l’antispécisme est un mouvement apparu dans les années 70, qui s’oppose au spécisme. L’antispécisme refuse l’idée d’une espèce humaine supérieure à toutes les autres. De plus, ce mouvement affirme que « l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et de la considération morale qu’on doit lui accorder. » En somme, la morale est exclue : un requin blanc a autant d’importance et d’insignifiance qu’un homme, qu’un chimpanzé ou qu’un chien.

Cette vision à mon sens est profondément ancrée dans une vision globale de la Terre et des interdépendances entre les êtres. Par exemple, en tant que décomposeur, un ver de terre n’est certes pas sexy, mais absolument indispensable à la biosphère.

Pour aller plus loin, au cœur d’une vision plus spirituelle : L’œil amérindien : Regards sur l’animal.

 

Louise Joubert, fondatrice de South Africa Wild Sanctuary

Fondatrice du SanWild Sanctuary (1998), Louise Joubert a dédié sa vie à la protection des animaux sauvages en Afrique du Sud. Dès 1989, elle s’engageait déjà dans la Rhino & Elephant Foundation à Cape Town. Elle s’implique ensuite entre autres dans le soin des animaux blessés ou orphelins, et met tout en œuvre pour leur permettre de revenir à une vie indépendante, sans avoir besoin de l’Homme. Puis, elle et son mari achètent un gigantesque terrain pour y réhabiliter les animaux sauvages soignés et les protéger.

Aujourd’hui, Louise J. est malheureusement décédée, mais son sanctuaire survit : SanWild fait plus de 12 000 hectares. Il tient une place conséquente dans la conservation de la vie sauvage et préserve au maximum les espèces du braconnage. Des forces armées sont en effet engagées sur le terrain pour protéger les animaux, notamment dans des zones sous haute-protection pour les rhinocéros. D’ailleurs, pour aider, on peut soit faire un don régulier bien sûr, mais aussi acheter sur l’e-shop : leurs tshirts Rhino sont assez cools 😉

Mohandas Karamchand Gandhi, Maître spirituel

Comme l’a dit le grand Mahatma (« Grand Âme ») Gandhi :

'On reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux'. | Gandhi Click To Tweet

Voici un article très intéressant sur son vœu de végétarisme, sa réflexion sur le sujet au cours de sa vie et son engagement croissant, notamment au cœur de la London Vegetarian Society : Gandhi, végétarisme et non-violence.

Végétarien par « éducation » suite à une promesse faite à sa mère, Gandhi arrive en Angleterre en 1891, et lit alors Henry S. Salt : A Plea for Vegetarianism and other essays.
Ce livre fut une révélation qui ancra la démarche végétarienne de Gandhi dans un principe moral de non-violence, plutôt que dans la réponse à une obligation familiale.

Matthieu Ricard, Jane Goodall, Laurent Baheux, Hubert Reeves, Allain Bougrain Dubourg… qu’ils soient toujours de ce monde ou disparus, ils sont nombreux à défendre la cause animale. Les connaissiez-vous ? J’espère que ce sujet vous a intéressés, j’ai appris pas mal de choses en l’écrivant. Pour finir, voici une citation de Tolstoï que j’aime beaucoup, personnalité profondément influente sur la démarche de non-violence de Gandhi : « tant qu’il y aura des champs de bataille, il y aura des abattoirs ».