Tout ce qui va être écrit ici n’est pas une vérité absolue. S’il n’y avait qu’un seul processus créatif, il n’y aurait tout simplement pas de créativité ! Les envies et méthodes créatives sont sûrement propres à chacun. Voici simplement quelques astuces à tester, afin de voir si elles vous « débrident » un peu et vous permettent de laisser libre court à votre imagination

Tout va à mille à l’heure. Parfois, on a l’impression de se perdre un peu. Alors comment réussir à reprendre le temps pour soi, et pour son « art » ? Pas forcément un art pompeux, ni un art de vie ou un art métier. Juste ces moments précieux, où vous créez. Que ce soit, un dessin, un poème, un texte, un croquis, un gribouillis, un air de guitare, voire un bout de code <>… L’acte de création, je l’associe souvent à la réalisation de soi. Le fait de faire sortir du néant une idée, de la sublimer à votre façon.

En avez-vous besoin ?

  • Si c’est le cas, voici les habitudes que j’essaie de prendre pour entretenir ma créativité et ne pas la laisser au placard 😉

Pour laisser de la place à la créativité, encore faut-il faire de la place !

Comment pourrait-on être créatif si l’on passe notre temps à se « remplir » de tout ?

Pensées, apprentissages, tâches quotidiennes, sorties… nous maintiennent alertes et actifs, mais recouvrent le terreau de vos « pulsions » créatives. On pense toujours ne pas avoir assez de temps, ce temps qui file à une vitesse folle. Pourtant, le temps est une dimension comme une autre, il est même considéré dans certaines cultures comme cyclique (et non pas linéaire). N’hésitez alors pas à choisir un instant de votre temps, pour… ne pas planifier d’autres activités que la création.

#1 : Planifiez un temps minimum dédié à la création dans votre semaine : un soir où vous n’avez rien d’autre de prévu, où vous ne prévoyez rien d’autre, et où vous vous isolez de tout.

Pour vous dégager des temps créatifs, essayez de nouveaux outils

Pour m’y tenir, j’utilise depuis 1 mois un Bullet Journal. J’avais visionné avec curiosité cette vidéo de Solange te parle : 2 ANS DE BULLET JOURNAL. Au départ, les voyants s’allument en ROUGE dans ma tête :

« Non mais jamais je ne pourrai faire ça… J’aurais l’impression de décortiquer chaque instant de ma vie, de tout planifier, de ne plus laisser de place à l’inconnu… ».

Et en fait… ça ne se passe pas comme ça. L’inconnu et l’excitation sont toujours là, aucun souci pour ça. C’est plutôt un catalyseur d’envies !

J’ai choisi, déjà, de personnaliser entièrement le Bullet Journal, pour y noter essentiellement les choses qui m’inspirent et me motivent. Et c’est là que cela devient un outil d’aide à la créativité ! Qui m’aide aussi à être plus inspirée et efficace pour le blog au quotidien.

Par exemple, j’ai une page que je remplis au fur et à mesure dès qu’une idée d’article de blog me vient. Ou bien, je note mes lectures et les films que j’ai aimés pour, pourquoi pas, en parler également. L’une de mes pages préférées : le Tracker mensuel. Loin de moi l’idée de faire des stats’ 😉 mais plutôt de voir quelles tâches quotidiennes prennent le plus de place : est-ce que j’utilise mon temps intelligemment, est-ce que je pense suffisamment à prendre du temps pour moi ?

Le bonus : prendre 5 à 10 minutes de calme par jour pour le remplir, ce qui me permet de me « poser » et de faire le point. De vivre, en pleine conscience de l’usage de mon temps. Résultats : beaucoup moins de temps passé sur les réseaux sociaux par exemple, et plus de lecture, ce qui fait beaucoup de bien !

#2 : Votre outil d’aide à la créativité pourra être tout simplement un carnet de note, un agenda, du nouveau matériel comme de l’aquarelle ou une tablette graphique, votre emploi du temps, un réveil ou bien un rappel de votre conjoint 😉 … à vous de trouver ce qui vous correspond !

Trouvez votre tempo créatif

Tout le monde n’arrivera pas à créer non stop.

En fait, je pense qu’on a tous un « tempo créatif », c’est-à-dire une tranche de temps où l’on peut se lancer dans une création à corps perdu. Puis, le temps passe, la création peut être arrêtée là, considérée comme finie ou « à continuer plus tard ».

Pour ma part, ma fenêtre créative ne s’étend pas au-delà de 2 heures. Je commence un dessin : s’il n’est pas fini 2h après, je continue rarement, en fait. J’adore les temps courts et efficaces. Bien sûr, c’est différent pour les peintures ou parfois l’écriture. Mais souvent, il s’agit d’un processus et d’une finalité différents.

#3 : Quel est votre tempo créatif ? Si vous arrivez à définir le temps moyen que vous aimez allouer à une création, alors prévoyez des tranches de temps créatif en conséquent.

Acceptez de mettre votre cerveau "analytique" sur pause

Il peut y avoir plusieurs modes de création. Par exemple :

  • un processus de création pragmatique, réfléchi, structuré. Par exemple, je structure un plan d’article de blog analytique, je le rédige, je reformule… Ou bien, je positionne sur mon dessin mes traits, j’évalue les mesures, je réfléchis à ma composition. Bien sûr, avec le temps, ces réflexions deviennent souvent plus intuitives et rapides.
  • un processus de création en apparence désordonné – qui parfois fait émerger un bel ordre -. La création qui « coule » de votre esprit, comme « elle vient ». C’est via ce mode que, par exemple, je fais de l’écriture libre : il n’y a aucune réflexion de base, juste le stylo qui avance et va où il veut. Petit à petit, cela forme des pensées, mais je ne sais ni le point de départ ni le point d’arrivée. Le fond est tout aussi  important que la forme, le son tout aussi important que l’image qui se profile.

Prenez le temps de tester. D’essayer aussi de n’avoir aucun but. Parfois, en voulant à tout prix aller quelque part, on reste sur place. Je vous incite à lire cet article : Art-thérapie : dessiner et écrire pour mieux se connaître, et de faire vous-même le test d’écriture. Ecrivez, sans réfléchir. Laissez le stylo s’exprimer. Vous serez peut-être surpris(e) du résultat. Peut-être que tout sonnera plus vrai. Je procède ainsi dans tous mes carnets « intimes » depuis la primaire, et c’est l’un des meilleurs exutoires que je connaisse.

Autre exemple : ma mère fait des ateliers d’écriture avec ses élèves. Ils doivent rédiger un roman tous ensemble. Au départ, je pensais qu’ils imaginaient tous ensemble le scénario de A à Z. Puis, qu’ils se lançaient dans l’écriture pour combler les « espaces » entre la situation initiale, l’élément déclencheur, les péripéties et la chute. Mais en fait, pas du tout ! Voilà ce qu’elle m’a expliqué :

Si je demande aux élèves de tout visualiser dès le départ : c’est la page blanche. Ils tournent en rond, ne trouvent pas d’idées. Alors que si je les laisse se lancer sur des pistes, même sans connaître l’arrivée, c’est là que la magie opère. L’intrigue se tisse au fur et à mesure, ils se laissent guider.

#4 : En somme, c’est l’intuition qui peut sublimer votre créativité. N’essayez donc pas forcément de TOUT contrôler, laissez aller votre créativité là où elle souhaite vous emmener.

N'oubliez pas de varier les plaisirs et de ne pas tout prendre au sérieux...

Comme dirait ma collègue Cindy, « on ne sauve pas des vies » (enfin pas tous, et pas tout le temps ;)) ! Arrêtons parfois de tout vouloir faire à la perfection.

Le mieux est l’ennemi du bien.

Faites-vous plaisir à la place, et variez les recettes créatives :

  • Testez !
  • Croquez !
  • Filmez !
  • Jouez !
  • Chantez !
  • Écrivez !
  • Photographiez !
  • Transformez, modelez !

La création se pose partout. Entretenir le processus créateur, c’est entretenir pour beaucoup votre pulsion de vie (l’équilibre entre pulsion de vie et de mort peut cependant dépendre des créateurs, pour en savoir plus : Processus de sublimation et jeux de la pulsion de la mort). Ne ressentez-vous pas de sérénité et de satisfaction quand vous « créez » ? L’art-thérapie est d’ailleurs une approche thérapeutique très intéressante pour combattre la dépression.

#5 : Ne vous prenez pas trop au sérieux, inspirez-vous de « maîtres créatifs » et lancez-vous même en tant qu’amateurs. Ne jugez pas en permanence votre création : laissez-la exister.

Entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut

L’auto-sabotage, ça vous parle ? Cette petite voix, dans votre tête, qui vous dit « ce que tu fais, c’est nul, tu n’as pas de talent, c’est du lambda » etc etc. Malheureusement, c’est une voix que l’on peut entendre souvent dès que l’envie de créer quelque chose émerge. Et qui bien sûr, nous bloque à la case départ.

Pour aller au-delà, il faut bien sûr faire un travail sur soi. Méditer peut aider à reconnaître ces auto-sabotages et à les ignorer. Mais je dirai aussi que, bien s’entourer, de personnes motivantes qui vous font des critiques constructives et vous aident à vous exprimer « créativement parlant », c’est très important.

L’idéal serait de trouver un mentor créatif, qui peut vous guider, vous inspirer. Par exemple, un professeur, un photographe, un écrivain (petite dédicace à mon « mentor » Pierre Bottero, tant pour sa générosité, son humilité que pour son talent). Si vous n’en trouvez pas dans la « vraie vie », pourquoi pas vous inspirer d’artistes que vous connaissez ? Imaginez ce qu’il vous dirait, là, au moment où vous êtes bloqué(e) en train de ruminer que vous êtes nul(le) et que ça ne sert à rien ?

Aussi, votre sphère d’amis proches ou lointains, votre famille, votre conjoint… sont des sources de motivation ou de sabotage importantes. S’ils vous encouragent, puisez dans cette énergie. Sollicitez-les, osez demander !

« Tu penses quoi de ça ? Que ferais-tu à ma place ? Et si on créait quelque chose ensemble ?… »

Si, au contraire, ils rabaissent votre créativité ou ne s’y intéressent pas, il faut à tout prix réussir à vous détacher de l’avis des autres et à faire les choses pour vous-même.

Comme dirait Henley dans son poème Invictus : « Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme ». 🙂 Vous seul pouvez suffisamment croire en vous, faites-vous confiance.

Alors, prêt(e) à attraper votre guitare, votre stylo ou votre appareil photo ? 🙂 Quelles sont vos meilleures astuces pour être plus créatif ?